Les ours Blancs du Marineland d'antibes

Nés confinés, les ours blancs d’Antibes le resteront jusqu’à leur dernier jour.

Les trois oursons nés fin 2019 au Marineland d’Antibes ont fait leurs premiers pas hors de ce qui leur sert de tanière cette semaine. Les photos, vidéos, articles et communiqués se succèdent, proposant même aux internautes de choisir leur prénom. Un concours est lancé jusqu’au 11 mai pour “garder le contact avec les visiteurs” comme l’explique dans cet article Damien Montay, directeur zoologique du parc.

L’ours polaire, parfaitement adapté à son environnement naturel (l’Arctique et non la côte d’Azur) est doté d’une épaisse couche de graisse qui si elle lui est utile chez lui, devient un lourd handicap dans le climat niçois. Qu’à cela ne tienne, cela ne saurait remettre en cause son maintien en captivité à Antibes, avec l’affront supplémentaire de se servir de l’alibi de la Conservation pour justifier l’exploitation commerciale de ces animaux qui sont parmi les espèces terrestres à avoir dans la nature, l’un des plus vastes territoires…. loin des enclos au décors en carton pâte de leur prison sudiste.

Sur son site, Marineland nous indique ce que nous pouvons faire pour les protéger : « Réduire l’émission des gaz à effet de serre qui réchauffent l’atmosphère ». Mais pas un mot sur les principales causes du changement climatique, pas un mot sur les actions concrètes à mener et surtout pas un mot sur l’énorme émission de gaz à effet de serre de leur installation “ours polaire” qui tente assez minablement de recréer l’arctique sur la côte d’Azur.

Pour en savoir plus sur leurs prétendues actions de conservation, il faudra regarder plus loin: « Afin de préserver cette espèce, Marineland lance un programme de reproduction des ours polaires et travaille en collaboration avec l’EEP (Programme Européen d’Elevage de l’EAZA (Association Européenne des Zoos et Aquariums) ». Quel est l’intérêt d’un programme de “sauvetage” qui ne pense pas dès le départ les conditions d’un relâché en milieu naturel ? Tout est fait pour que tous les oursons qui naissent dans ces prisons ne puissent jamais en sortir. Privés de tout l’apprentissage qui pourrait leur permettre de venir renforcer un jour les populations naturelles, on peut ainsi les faire se reproduire pour les garder captifs à vie dans des parcs qui les offriront en exposition au public moyennant finance.

Il s’agit de la deuxième portée de Flocke, la femelle du Marineland. En 2014, elle avait donné naissance à Hope une petite oursonne transférée au zoo suédois Orsa Rovdjurpark. Quant à Raspoutine, le mâle, ce dernier a été séparé de la mère et des trois oursons pour éviter les attaques. Il est aujourd’hui en Grande Bretagne au zoo “Yorkshire Wildlife Park”.

L’avenir nous dira ce qu’il adviendra des trois petits oursons et de leur mère. Quel que soit le sort qui leur est réservé, on peut s’attendre à ce que Marineland place comme toujours ses intérêts financiers au premier plan.

L’unique voie de conservation sérieuse, notamment pour les ours polaires, particulièrement exigeants dans la nature de leurs besoins, ne peut se faire que dans leurs contrées d’origine et en pensant dès le départ l’autonomie et le ré-ensauvagement tout en oeuvrant en parallèle à la nécessaire préservation de leur milieu naturel. Si « construire une arche de Noé » pour sauver les espèces menacées est souvent avancé par les zoos pour justifier leur raison d’exister et de s’enrichir sur le dos de la biodiversité, sans port pour s’amarrer et rendre leur liberté aux animaux “sauvés”, leur arche n’est rien d’autre qu’une prison flottante vouée à couler, non sans avoir auparavant renfloué le compte en banque des zoos.

#Rewild #TrueConservation #Zoos #EndCaptivity

(Photo : Laurent Baheux)

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