REWILD MIS EN DEMEURE PAR LE PREFET DU MORBIHAN

Rewild poursuit le Directeur des Services Vétérinaires pour ses déclarations mensongères et s’interroge sur ses motivations.

Il y a quelques semaines, Rewild a remis aux services de l’Etat, au Préfet du Morbihan et au Procureur de la République de Lorient un audit dressant une liste non exhaustive d’irrégularités, relevées par notre équipe à notre arrivée dans l’ancien zoo de Pont-Scorff.

Ces irrégularités – dont certaines perdurent depuis plus d’une décennie – mettent en évidence une étonnante tolérance, voir une complaisance de l’administration.
Nous avons saisi le Préfet à trois reprises, nous n’avions à ce jour jamais obtenu de réponse. La réponse vient de nous parvenir par le biais d’une mise en demeure à notre encontre.
En tout, notre audit révèle que l’ancien zoo est en infraction avec au moins 24 dispositions légales et réglementaires applicables à ce type d’établissement. Nous avons relevé des non-conformités qui concernent aussi bien le bien-être animal, la sécurité, les bâtiments, la gestion administrative ainsi que la gestion et l’évacuation des déchets.
A titre d’exemple, aucun des 398 animaux n’étaient inscrit sur le fichier IFAP obligatoire depuis 2017, fichier qui permet de tracer les mouvements d’animaux et d’éviter leur trafic. Par ailleurs, la quasi totalité des eaux usées des bâtiments abritant des animaux se déverse dans le Scave, la rivière voisine.
29 animaux sont détenus sans certificat de capacité. 45 mammifères, 93 oiseaux et 87 reptiles ne sont, entre autres, pas correctement identifiés, rendant impossible la vérification de leur provenance légale.
L’audit révèle également la présence d’animaux détenus dans des conditions non conformes avec leurs exigences biologiques, des actes de cruauté et de maltraitance, des mutilations et l’absence de compte-rendu vétérinaires entre autres… La liste est longue.
Le cumul des infractions relevées (320), dont la plupart perdurent depuis très longtemps, fait en théorie encourir 480.000 euros d’amende et jusqu’à 3 ans d’emprisonnement, et pourtant…
Le zoo de Pont-Scorff, depuis son acquisition par l’ancien propriétaire (déjà dans le viseur du lobby des zoos), était devenu le zoo le plus contrôlé de France avec 10 contrôles en 2 ans et demi, là où le Ministère en préconise un tous les 3 ans.
Comment ces infractions ont-elles à ce point pu passer au travers des mailles du filet de l’Administration ?
C’est la question épineuse que pose cet audit qui a pour objet de faire un état des lieux afin que chacun soit mis face à ses responsabilités et que ces infractions historiques ne soient pas imputées à Rewild.
La préfecture vient donc de nous répondre… en nous mettant en demeure !
Cette mise en demeure a été émise par le Préfet du Morbihan, à la demande de Monsieur Jean Michel Chappron, Directeur des Services Vétérinaires, dont l’administration est précisément mise en difficulté par l’audit en question….
Dans le courrier d’accompagnement joint à la mise en demeure, le Directeur des Services Vétérinaires dresse le compte rendu d’un de ses contrôles sur l’ancien zoo. Il y tient des propos littéralement mensongers dont l’agressivité et l’absence totale de distance pose la question d’une implication personnelle.
Elément qui corrobore ces soupçons, la mise en demeure a été transmise à la presse. Monsieur Chappron rend publics ses propos diffamatoires à travers un article, violant ainsi le devoir de réserve de tout fonctionnaire et appuyant l’idée qu’il a fait de ce dossier une affaire personnelle.
Le même directeur nous prive également de l’aide Covid à laquelle nous avons droit sur la base d’une prétendue non-conformité qui ne nous incombe pas dès lors que les animaux ne sont plus exposés au public.
Ces 100.000 euros nécessaires à notre fonctionnement sont une infime partie de l’enveloppe de 19 millions d’euros offerte par l’Etat aux zoos, et aux cirques pour les aider à nourrir les animaux. Ce refus injuste vise à tenter de nous étouffer financièrement.
En réponse à la mise en demeure préfectorale, Rewild va faire citer le directeur de la DDPP devant le tribunal correctionnel pour dénonciation calomnieuse et va répondre point par point à chaque allégation. Nous comptons également attaquer devant le tribunal administratif le refus de l’aide Covid qui nous est due et qui a déjà été perçue par l’ensemble des zoos et cirques français.
Depuis l’arrivée de Rewild à la tête du zoo, nous “faisons le ménage” tant d’un point de vue réglementaire que financier, en opérant un assainissement de la gestion du site, ce qui prend du temps. Afin de stopper l’hémorragie qui contribuait à mettre l’entreprise dans le rouge, plusieurs fournisseurs ont été remerciés en raison de leur pratique douteuses. Cela a permis notamment une diminution des frais de fonctionnement mensuels de près d’un tiers.
C’est dans ce contexte qu’une procédure contre Olivier Thomas – fils du fondateur et ancien gérant du zoo – a été entamée pour abus de bien sociaux, acte de cruauté et mauvais traitements. Dans le même temps, la fille du fondateur sera prochainement sous le coup d’une procédure pour abus de bien sociaux, ainsi que l’un des anciens directeurs de l’établissement.
Les accusations diffamatoires et les tentatives qui visent à nous discréditer sont une réaction prévisible de ceux qui ont pillé et profité du zoo pendant des années ou qui ont, par complaisance couvert les nombreuses infractions que nous avons mis en évidence dans notre audit. Nous répondrons à chaque point soulevé par la mise en demeure, preuves à l’appui et nous publierons en parallèle l’audit qui nous vaut aujourd’hui les foudres de l’Administration préfectorale.
Ces attaques ne font que renforcer l’équipe et nous confirmer que nous faisons ce qui est juste et nécessaire si on veut donner à ce lieu une chance de réussite. Nous savions pertinemment à quoi nous nous exposions. Ces attaques contre Rewild sonnent comme un chant du cygne, les derniers coups de griffes d’un monde d’avant, celui du business juteux de la captivité animale travesti en préservation des espèces.
De nombreux réaménagements ont été fait par notre équipe ou sont en cours et notamment les installations nécessaires à l’ouverture prochaine d’un centre de soins spécialisé pour les animaux marins ainsi que les préparatifs d’une ouverture partielle (sans exposition d’animaux) qui nous permettra de mieux partager avec le grand public les réussites et les difficultés que nous rencontrons et d’aider financièrement au fonctionnement de Rewild.
“Le site n’a pas vocation à rester sous cloche” déclare Lamya Essemlali, Co-présidente de Rewild. “La riposte de certains agents de l’Administration est à la hauteur du danger que représente Rewild pour l’industrie de la captivité avec laquelle ils sont en connivence depuis de nombreuses années. Impliquer autant que possible le grand public dans ce qui se passe à Rewild sera notre meilleure protection contre les manoeuvres qui s’opèrent en coulisses pour tenter de nous faire échouer”.

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