Landes : Les lézards ocellés SacrifiÉs

Le préfet des Landes sacrifie le plus gros lézard d’Europe au profit d’une route inutile

et unanimement dénoncée par les scientifiques.

Rewild, attaque au Tribunal Administratif pour stopper le projet.

 

6 millions d’euros d’argent public, c’est ce que va coûter la construction d’une route à vocation touristique qui va anéantir l’une des plus importantes populations de lézards ocellés de France. À  la demande du Conseil Départemental des Landes, la commune de Tarnos projette la construction d’une route sur le cordon arrière dunaire dont l’objet serait de « canaliser le public en organisant la fréquentation sur le littoral ». Ce projet aberrant a obtenu pour cet acte de destruction massive la reconnaissance d’utilité public.

L’intérêt public évoqué pour justifier cette construction se trouve dans la nécessité de préserver une nature vivante, sans laquelle notre propre survie et celle des générations futures est en péril.  Au regard de la situation géographique et écologique particulièrement sensible du site et des différentes alternatives existantes, il semble que la motivation réelle soit plutôt comme l’admet le porteur du projet « de renforcer le développement de la zone industrialo-portuaire de Tarnos ».

Outre l’aspect superflu de la construction, cette route aurait pour conséquence de détruire un site sur lequel est installée l’une des plus importantes population de lézards ocellés de France. Cette espèce qui bénéficie d’un Plan National d’Action (PNA) est classée en danger par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Une étude des populations sur le terrain, pourtant exécutée à la hâte, met clairement en évidence l’importance de cette population et la nécessité de la protéger ainsi que son habitat. Le Département des Landes qui se distingue déjà depuis de nombreuses années par ses chasses traditionnelles illégales, fait montre dans ce dossier d’une irresponsabilité ubuesque dans l’unique but d’augmenter la fréquentation du littoral, avec toutes les conséquences dramatiques que cela entraîne sur ce milieu fragile.

L’ensemble des instances environnementales, des comités nationaux et régionaux a donné un avis négatif à ce projet fantaisiste et dangereux pour la survie du lézard ocellé. Il est à noter qu’une condition incontournable pour obtenir une demande de dérogation pour la réalisation d’un projet qui aurait pour effet de détruire une population animale est qu’il n’existe aucune alternative. Or des alternatives à ce projet, que le Comité National de Protection de la Nature qualifie « de surréaliste », existent bel et bien.

Devant l’urgence, Rewild soutenu par le groupe des élus écologistes du Conseil Régional de Nouvelle Aquitaine, entame une procédure de demande de sursis au Tribunal Administratif, afin de préparer la protection effective du plus gros lézard d’Europe. Rewild déplore que le sort réservé au lézard ocellé ne suscite pas davantage d’émotion au sein des associations de protection de la Nature. En effet, malgré leurs alertes, les scientifiques se retrouvent seuls dans cette bataille pour sauver un animal qui n’est certes pas aussi charismatique que d’autres, mais dont la valeur intrinsèque est indiscutable et dont la présence contribue à  l’équilibre écologique de cet écosystème spécifique que forment la dune et le cordon arrière dunaire. La destruction de leur habitat naturel est la première cause d’extinction des espèces, c’est donc le plus gros enjeu qui soit en matière de biodiversité. 

Rewild incite les associations concernées à jouer leur rôle de lanceur d’alerte et à monter au créneau aux côtés des scientifiques en appuyant leur démarche pour faire rempart à ce projet insensé. Par ailleurs, nous demandons en urgence l’annulation par le Tribunal Administratif de la nomination d’intérêt public accordée par le préfet des Landes. À l’heure où le ré-ensauvagement est enfin reconnu comme un processus indispensable à la défense et au maintien des populations animales et des essences végétales dont dépend l’Humanité, Rewild ne restera pas sans réagir à la condamnation à mort du lézard ocellé.

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